Enfant dans la valise

"L'enfant dans la valise"

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L'enfant dans la valise

 

 

Chapitre I : La dispute

 

Ce jour-là, Fabien prépare sa valise pour aller en vacances à Bali. Il vérifie son trousseau quand soudain sa soeur Tiphaine pénètre dans sa chambre et renverse un flacon de savon sur le carrelage. Fabien se retourne et se met en colère :

- Ah, Tiphaine, tu es vraiment agaçante ! Tu pourrais faire plus attention !

- Je ne l'ai pas fait exprès !

- Menteuse ! Sors de ma chambre !

- Non ! et puis tu m'ennuies !

Tiphaine, en colère, pousse son frère. Fabien glisse sur le savon et tombe dans sa valise. Sa soeur se précipite sur le couvercle pour le fermer et ajoute :

- Tu l'as bien mérité !

Fabien hurle :

- Ouvre-moi !

Mais sa soeur ne l'entend pas et sort de la chambre.

Après avoir longtemps crié, Fabien s'évanouit…

 

 

Chapitre II : En pleine mer

 

Au bout d'un certain temps, Fabien sent un balancement. Il se réveille peu à peu dans le noir. Il a peur. Il se rappelle qu'il avait mis une lampe de poche dans sa valise pour visiter les temples sombres de Bali. Il cherche à tâton sa lampe rangée dans un petit sac. Il finit par la trouver, l'allume et cherche l'ouverture de sa « prison ».

- Oh ! comment peut-on ouvrir cette maudite valise ! Ah, mais j'ai mon couteau suisse !

Fabien se rappelle avoir rangé son canif dans une pochette intérieure de la valise. Soudain un choc secoue son refuge. Fabien saisit son couteau et glisse la lame dans la serrure. Un second choc frappe sa « prison ». Son couteau tombe et le couvercle s'ouvre. Un flot de lumière jaillit. Fabien, ébloui, se frotte les yeux et déclare :

- Où suis-je !

Surpris, il ouvre peu à peu les yeux en voyant l'océan qui l'entoure. Un troisième choc ébranle son embarcation. Fabien se retourne et aperçoit des ailerons qui s'enfoncent dans l'eau.

- Oh ! des requins ! Je suis perdu !

La bête disparaît dans l'eau. Fabien, apeuré, cherche désespérément du secours. Rien en vue !

Au loin, des nuages noirs apparaissent. Au bout de quelques minutes, le soleil disparaît. La mer commence à s'agiter. Les vagues grossissent ; une écume blanche se forme à la crête des vagues. Le vent forcit, puis soudain le tonnerre gronde au loin.

-Oh là-là ! la tempête ! Vite, refermons la valise !

Une grosse vague fait retourner son embarcation. Fabien tremble de terreur. Il est secoué et manque peu à peu d'air. Il se sent mal. La tête lui tourne et il s'évanouit…

 

Chapitre III : Une aide providentielle

 

Quelques heures plus tard, la tempête se calme. Fabien se réveille par le doux bercement des vagues. Il se frotte les yeux, baille puis déclare :

-Qu'est-ce qui se passe ?… Ah oui ! la tempête…

Soulagé par le calme revenu, il ouvre la valise. Le ciel est bleu, la mer apaisée. Des vagues, beaucoup plus petites, viennent caresser son esquif. Peu à peu, le soleil descend derrière quelques nuages à l'horizon. Le ciel se teinte d'un jaune orangé. La mer s'aplanit et ressemble à un miroir.

- C'est le coucher du soleil… s'étonne Fabien. En tout cas, pour moi qui a dormi toute la journée, cette nuit je risque de passer ma première nuit blanche… Je devrais changer mes horaires…

Son estomac gargouille, la faim le rappelle à la dure réalité. Il est seul, en pleine mer, sans nourriture, sans eau… Triste, désespéré, il scrute l'horizon à la recherche de secours. Rien. Pas un navire. Il se sent abandonné.

Tout à coup, il aperçoit un aileron qui vient dans sa direction.

- Les requins reviennent ! Que faire ? Il faut trouver une solution…

La panique le reprend. Il cherche une terre de secours ou un navire pour se réfugier. Toujours rien en vue. Fabien tremble comme une feuille. Il sent sa fin proche. Il prend son couteau suisse pour se défendre mais il sait que cela ne lui suffira pas.

Soudain, l'aileron disparaît.

- Où est passé ce maudit requin ? Je ne le vois plus !

Tout à coup, il sent la valise avancer et il s'écrie :

- Qu'est-ce qui se passe ? Serait-ce un courant d'eau chaude qui m'entraîne ?

Fabien se retourne et, étonné, aperçoit l'animal qui le pousse. C'est alors qu'il comprend qu'il s'est trompé.

- Mais…c'est un dauphin ! Toute cette peur pour rien ! Quel idiot…croire que c'était un requin…

Et il ajoute :

- En plus j'avance bien vite ! Je ne m'imaginais pas qu'un dauphin pouvait faire ça ! Et j'en avais jamais vu…

Fabien, étonné, n'arrête pas d'observer le dauphin couvert d'un gris bleuté. Celui-ci a l'air sûr de lui. La mer, elle, est paisible. Fabien se dit :

- Bon, je ne comprend rien. D'abord l'océan qui surgit comme par magie. Et maintenant un dauphin qui se met à pousser ma valise ! ! ! Il m'avait fait peur. Mais quelle est son idée ? Si je comprends bien, il va m'aider à retourner sur la terre !

Après six heures de navigation, nos deux camarades arrivent sur une terre. Fabien, heureux, remercie le dauphin. Puis il sort de sa valise qu'il traîne sur une plage de sable doré.

- Ouf ! Enfin sauvé !

 

 

Chapitre IV : Une étrange rencontre

 

Arrivé sur l'île, notre « Robinson » a très faim et sa gorge est sèche. Il aperçoit des cocotiers qui bordent la plage. Il se met à la recherche d'une noix de coco bien fraîche. Tout à coup « BOUM ! »

- Qu'est-ce que c'est ! un coup de fusil ! On m'attaque ! crie Fabien. Il faut être prudent… Ouf ! je l'ai échappé belle ! Encore un peu plus et j'étais assommé…

Plus de peur que de mal : c'est une noix de coco qui est tombée tout près de lui. Fabien se retourne et crie :

- Génial, elle n'est pas cassée ! Je vais pouvoir boire le lait. La chair blanche de cette noix me servira de déjeuner.

 

Comme Fabien fait du taekwondo, du tranchant de la main, il casse la partie supérieure de la noix de coco. Puis il saisit le fruit et le porte à sa bouche pour en déguster le lait.

- Hum ! quel délice, s'exclame notre ami. Maintenant goûtons à la chair !

Il brise ensuite le reste de la noix. Il retourne à la valise pour prendre son couteau suisse. Il se souvient en effet que ce couteau est équipé d'une cuillère. Il déplie son « arme » afin de se servir de la cuillère. Puis, il creuse dans la chair blanche et odorante.

- C'est copieux et exquis, ajoute Fabien. Me voilà rassasié pour un moment. Maintenant, il ne me reste plus qu'à visiter l'île.

Il pénètre dans la forêt à la recherche de ses habitants. Très vite, notre ami est absorbé par la jungle. Il fait sombre et l'air est très humide. Fabien a chaud, il transpire. Des insectes se collent à sa peau. On entend des cris d'animaux, de singes, d'oiseaux… Notre Robinson est très vite épuisé. Personne en vue. Fabien se sent triste et perdu.

Soudain un coup de fusil retentit au loin.

- Un chasseur ? Cette île est habitée ! Je vais pouvoir trouver du secours. Vite, allons voir qui c'est !

Ayant retrouvé son énergie, Fabien court en direction du coup de feu. Il trouve un petit sentier, s'élance et sprinte de plus belle.

Tout à coup, le sol s'effondre sous ses pieds. Notre ami tombe dans un trou profond.

- Aïe ! ma cheville ! Elle est cassée !

En fait c'est une légère foulure. Fabien regarde autour de lui et aperçoit des pieux.

- Ouf ! Quelle chance ! j'ai failli mourir ! s'écrie-t-il en voyant les pointes acérées. Au secours ! Au secours !

Quelques minutes plus tard, un homme apparaît au bord du piège. Il porte un fusil et une veste militaire. Il prend son fusil, vise en direction de Fabien et tire : « PAN ! »

 

 

Chapitre V : Une découverte surprenante

 

Fabien tremble comme une feuille. Les oreilles lui bourdonnent. Il vérifie qu'il n'est pas blessé puis se retourne. Quelque chose de mou tombe sur son épaule. C'est un serpent vert clair. Fabien se met à crier :

-Ah ! c'est un mamba ! Sa morsure est mortelle ! Merci de m'avoir sauvé la vie ! Pouvez-vous maintenant m'aider à sortir de ce piège !

Notre aventurier se relève péniblement. Sa cheville lui fait mal. L'homme lui tend le fusil. Fabien s'accroche à la crosse et se fait remonter.

- Merci encore, monsieur, continue Fabien. Qui êtes-vous ? Moi, c'est Fabien.

- Moi, Hendraan, répond l'homme, dans un mauvais français. Moi emmener toi dans cabane saya .

L'homme attrape Fabien par le bras et le conduit jusqu'à son habitation. Notre ami boîte ; sa cheville lui cause des vives douleurs. Tous deux doivent traverser une rivière avant d'atteindre le refuge d'Hendraan.

En marchant, ils entendent des cris d'oiseaux, des singes hurler, des fauves rugir… Fabien frissonne. Bientôt la maison du chasseur apparaît sous un gros arbre. Quelques bananiers bordent l'allée menant à l'entrée principale.

Cette maison en bambou est assez grande. Le toit est recouvert de feuilles de palmiers.

Hendraan fait entrer notre petit aventurier dans une grande pièce. Il lui demande s'il veut manger et Fabien lui répond :

- Bien sûr ! J'ai une faim de loup.

L'homme lui propose des fruits et quelques morceaux de poulet.

Peu à peu, la nuit tombe. Hendraan allume une lampe à pétrole afin d'éclairer le salon. Il commence à bailler puis demande à son invité :

- Toi vouloir tidur ?

- - Oui, je voudrais me coucher, déclare Fabien.

Le chasseur lui propose un matelas fait de peau de bête qui se trouve dans le coin du salon. Puis, il se dirige vers sa chambre.

Notre ami remercie Hendraan et s'allonge sur le matelas. Une heure plus tard, il ne dort toujours pas. Il se retourne plusieurs fois. Il pense à sa famille. Il sent aussi une odeur particulière de bête qui se répand dans le salon. Il observe les murs et aperçoit des peaux qui sèchent. Il se dit :

-Mais d'où viennent toutes ces peaux ? Cet homme serait-il braconnier ? Voyons un peu ce que contient cette maison…

Fabien se lève et marche vers une peau d'écureuil. Il sort son couteau suisse et coupe un petit morceau de peau. Il glisse le tout dans sa poche de pantalon. Un peu plus loin, il aperçoit une porte dans le coin du salon. Il marche doucement sur la pointe des pieds vers cette porte, l'ouvre avec précaution pour ne pas réveiller Hendraan. Cette pièce sert de débarras. Tout au fond, il découvre une deuxième porte. Notre ami continue son exploration. A pas de loup, il traverse la pièce et entrouvre la porte. Stupéfaction ! A l'intérieur, des animaux sont enfermés dans des cages. Notre ami est surpris et ému par la méchanceté de son sauveur. En effet, Fabien se rend compte que c'est vraiment un braconnier. Il n'en croit pas ses yeux. Là, se trouvent des écureuils, des oiseaux comme des kakatoès, des perroquets, des aras et, un peu plus loin, des bébés oran-outangs.

Fabien décide de délivrer tous ces animaux pour les rendre à la nature. A pas feutrés, il s'approche d'une fenêtre et l'ouvre.

- Je vais les faire sortir par là pour ne pas attirer l'attention de ce méchant homme, se dit-il.

Puis, une après l'autre, il ouvre chaque cage ; d'abord les oiseaux, puis c'est le tour des petits singes. La dernière cage contient cinq écureuils. Au moment de l'ouverture de la petite porte, « BOUM », la cage se décroche et se casse au sol. Les écureuils, vifs, s'échappent.

Réveillé par le vacarme, Hendraan se lève et crie :

- Apa ?

Il pénètre dans la pièce d'où vient le bruit et aperçoit les cages vides et Fabien près d'une cage brisée.

- Tunggu ! Venir ici ! hurle le braconnier.

Fabien saute par la fenêtre malgré sa douleur au pied et disparaît dans l'obscurité.

 

 

Chapitre VI : La fuite…

 

Fabien court le plus vite possible. Mais très vite il se perd dans le noir.

- Vite, il faut trouver une cachette !

Il repère un gros arbre entouré de lianes. Il saisit une liane et escalade les trois premiers mètres. Puis il se cache sur une grosse branche. Peu à peu, la fatigue le gagne. Il a peur. La jungle est pleine de bruits étranges. Finalement, il finit par s'endormir en s'allongeant sur sa branche.

Pendant ce temps, Hendraan s'est mis à la poursuite de notre ami. Il saisit sa lampe à pétrole et fouille les environs de sa maison. Les recherches sont très difficiles.

- Saya tidak bisa melihat disini ! Saya tunggu besok…

Le lendemain matin, vers six heures, le jour commence à se lever. Un orang-outang surgit sur la branche de Fabien. Il s'approche de notre ami et lui touche les cheveux. Fabien se réveille en sursaut.

- Ah ! Qu'est-ce qui se passe ? … Mais c'est un orang-outan !

Notre ami se lève en un éclair, saute sur la première liane et redescend l'arbre. Sa cheville ne lui fait plus mal. Il s'élance alors sur le premier sentier.

Au même moment, Hendraan sort d'un fourré. Il aperçoit de dos notre Robinson. Il se met alors à sa poursuite. Fabien est plus rapide, mais au bout de cinq minutes, son coeur bat très fort. Il se sent fatigué. Il n'a pas mangé depuis la veille. Le braconnier se rapproche de plus en plus du fugitif. Soudain, Fabien trébûche sur une pierre et s'étale sur le sol. Hendraan n'est maintenant plus qu'à quelques mètres. Il commence à sortir une cordelette de sa poche afin de capturer le fuyard. A cet instant précis, un énorme orang outan jaillit et saute sur l'homme. Il le griffe ; Hendraan hurle.

Fabien se relève en un éclair et court à perdre haleine. Bientôt il aperçoit la mer entre les arbres et il redouble d'effort.

- Enfin arrivé !

Il arrive sur la plage et scrute les alentours. Il retrouve sa valise recouverte d'algues et de sable.

- Vite, un petit nettoyage et on reprend la mer !

Il saisit son « navire » et en retire les algues et le sable. Ensuite, il la pousse à l'eau et saute à l'intérieur. Une brise le porte au large.

 

 

 

Chapitre VII : Le retour

 

Fabien pousse un soupir et se demande s'il reviendra chez lui. Puis il déclare :

- Ah, j'en aurai eu des aventures ! J'espère que je n'en referai plus une pareille !

Peu à peu notre ami, bercé par le mouvement des vagues, s'enfonce dans un sommeil profond.

Après avoir longtemps dormi, Fabien est réveillé par des voix.

- Y a-t-il quelqu'un là-dedans ! demande une voix d'homme.

- Oui, c'est moi, Fabien… Mince… c'est peut-être encore le braconnier ! murmure notre ami.

On ouvre la valise. la lumière matinale éblouit Fabien. Peu à peu, il reconnaît trois visages : son père, sa mère et, derrière, à quelques pas, sa soeur.

- Qu'est-ce que tu fais là ? demande sa mère. On s'inquiétait ! On t'a cherché partout…

- Bien, heu… c'est à cause de Tiphaine ! Elle m'a enfermé dans cette maudite valise !

- - Qu'est-ce que tu nous racontes ? questionne son père. Bon, vite, sort de là ! On doit partir pour Bali.

Fabien, ému, retire de sa poche un morceau de peau de bête.

 

FIN

 

Nouvelle collective de la classe de CE2-LIF de Jakarta année 2000-2001

 

 



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